16 - 20 September 2002 in Belgrade
Posté par lapeg
| Ateliers
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jeudi 10 juin 2004 à 22:42 | #3
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Invitée par les pénélopes et enawa, envol vers Belgrade en Serbie, pour quatres jours de « formation ». j'interviens pour parler des licences logicielles, des logiciels libres et de spip... début des aventures atelières où ma carte mentale de l'europe s'élargit, je vois le danube, je me prends un sermon, je découvre le féminisme noir américain, je choppe une sinusite des familles et je vois la lumière sans remonter l'orchestre des blues brothers...
Le training comme ils disent s'est tenu dans l'immeuble Beogradjanka le plus haut building de Belgrade, dans les locaux de BOS-Belgrade Open School sous les sunlights des tropiques informatiques calmées par un climatiseur de la mort... la logistique a été faite par la terrible Natasha à l'époque membre du Autonomous Women’s Center.
(vue sur belgrade depuis la fenêtre du bos)
quatres personnes ont fait des interventions auprès d'un groupe de quinze femmes venant de toutes les régions du pays - dont je découvre la géographie progressivement ( novi sad, voivoidine, montenegro): kristina m. (babe croatie) a fait une démo sur l'utilisation du mail et des mailing listes ainsi qu'une intro au html, isa m.(penelopes france) a fait une intro au web design et à l'image (sous photoshop) et lin p.(enawa hollande) a prodigué des conseils sur le montage de projets et leur financements.
conversation de couloir le premier jour et je me prends la colère d'une des stagiaires en pleine gueule : ou vous etiez quand on resistait à milosevic, pendant la guerre, tout le monde nous a laissé tombé, toutes ces associations avec lesquelles on travaillait... silence gêné, regard de bout de chaussure. comment expliquer qu'à deux heures d'avion ce conflit n'a presque fait que passer entre deux effarements et une conscience télévisée de ce qui se passait. les charniers, le génocide ne sont presqu'un vague souvenir et puis quoi les bombardements de l'otan, ah oui, ben je sais pas si c'était juste ou pas, à vrai dire, je ne m'en souviens pas...
je ne connais rien à ce pays, rien à la guerre et je me sens rapidement comme une impérialiste...venant prodiguer la bonne parole messianique. argh. il faudra un peu de temps pour sortir de ce rapport à la con, c'est la force des discours dominants on les intègre sans même le savoir et ils s'imiscent partout. cette problématique , je le découvrirais ensuite est très forte, y compris au sein des mouvements féministes entre les « groupes de femmes des pays dit post-communistes » et les « féministes de l'ouest». et quand je dis que je me suis sentie impérialiste je pense qu'il y a quelque chose de colonial dans les rapports à ces pays même dans les groupes « progressistes » les mieux intentionnés. je n'(ai pas) echappe(é) au mouvement général et je cherche encore des clés pour en sortir.
la fille qui râle, c'est milica de zene na delu, la rencontre du siècle. les conversations continueront sur tout le séjour et bien après. milica me parle des féministes noires américaines et comment elles l'ont influencé, j'y connais rien, je me tais et j'apprends. de ces conversations naitra l'envie de faire ce pourquoi je me retrouve là-bas, ici, à côté de chez moi. milica est devenue par la suite ma plus grosse influence politique et feministe conjointement avec laurence constant et le cotoyemment assidu dans l'action des penelopes malin, joelle, eva, isa... je dois dire que tout le groupe rencontré lors de ce séjour et des suivants m'influence beaucoup par sa force, son énergie, son intelligence et son pragmatisme et me laisse plein de tremolos dans la voix quand j'y pense...
pour en revenir à ces impressions impériales, j'ai mis du temps à comprendre pourquoi bell hooks avait autant d'importance pour milica... maintenant je pense que ce n'est pas sans rapport avec la situation de colonisé de l'intérieur dans laquelle sont les pays ex-soviétiques. en occident mais pas vraiment. à la périphérie là ou les noirs sont au centre, mais relégué surement, dans le service des dominants des beaux quartiers du continent européen. et puis il y a aussi un autre truc qui me chiffonne, ce côté découverte de l'amérique, colonisation de l'afrique comme si on avancait dans des terres vierges d'existence préalable... parce qu'on en connaît rien ou pas grand chose...

je dirais même que tout est tellement biaisé que trouver ces groupes formidables, et ces filles géniales, c'est un peu comme trouver les noirs trop forts pour la danse : quelle est la part d'exotisme dans tout ça...
mais bon revenons à ces histoires d'ateliers.
« Nous faire payer les logiciels ! Mais tu es en Serbie, ça n'arrivera jamais »
La serbie venait à l'époque du training, de signer des accords avec microsoft. bien qu'à l'époque l'organisation de la répression du piratage de logiciels n'était pas encore en place, les penelopes m'ont invitées pour parler du problème qu'allaient bientôt poser les licences pour les assos. et qu'il existe des alternatives, logicielles et politiques à l'hégémonie des grands groupes informatiques.
la journée a consitée en une presentation de « l'esprit du libre » avec la difficulté de l'anglais free - et une démo de open office, gimp et linux. difficile d'expliquer ce que sont les licences car à ce moment (ca a bien changé depuis) l'idée même de parler de payer les logiciels, et des licences, fait rire tout le monde. la presentation a eu quelques cotés expeditifs du coup ;) : difficile de montrer en si peu de temps que le mouvement du libre est aussi inventif en terme de travail collectif, de responsabilité individuelle ou collective, d'education et d'apprentissage etc...
Pourtant l'expérience a été enrichissante pour plusieurs personnes en tout cas et très intense puisque par enthousiasme on s'est même retrouvée avec Natasha et quelques autres à s'ajouter une heure de plus d'atelier, tôt le matin...
Mais, surtout: ces journées ont engendré d'autres ateliers et collaborations... (a suivre)

(photos i.m.)
Voir aussi:
Dans la rubrique ressources:
Qu'est-ce qu'un Logiciel Libre? par Richard Stallman
Pourquoi «Free Software» est-il meilleur que «Open Source» par Richard Stallman
Ailleurs :
Evaluation, ENAWA Training, Belgrade, September 2002






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